La révélation s'est faite sans démonstration aérienne, sans vrombissement de postcombustion. Le deuxième jour du Salon international de l'aéronautique de Farnborough, BAE Systems a dévoilé un appareil gris mat, sans empennage, de la taille d'un avion d'entraînement Hawk, et a baptisé le premier drone de combat souverain britannique d'un nom grec ancien : Brontanax, " Roi du tonnerre ". Construit en secret à Warton, il s'agit du premier avion de combat collaboratif sans pilote du Royaume-Uni — une machine conçue pour voler, combattre et, si nécessaire, mourir aux côtés d'un chasseur piloté.
Le ministre de la Défense, Wes Streeting, se tenait à ses côtés, ainsi que le chef d'état-major de l'armée de l'air. Le message était clair : il ne s'agit pas d'un démonstrateur technologique voué à l'oubli, mais d'un prototype opérationnel conçu pour voler en 2027 et rejoindre la Royal Air Force avant la fin de la décennie. Il est destiné à collaborer avec… Eurofighter Typhoon aujourd'hui, et pour informer les drones qui un jour escorteront le F-35 et le futur chasseur Tempest du programme GCAP.
| Nom | Brontanax - "roi du tonnerre" (grec) |
| Fabricant | BAE Systems (FalconWorks), Warton |
| Programme | CCA britannique " Storm Fighter " — 300 millions de livres sterling |
| Dévoilé | Salon aéronautique de Farnborough, 22 juillet 2026 |
| Rôle | Ailier fidèle sans pilote — guerre électronique, frappe, air-air |
| En service | Premier vol en 2027 ; RAF avant 2030 environ |
| S'associe avec | Le Typhoon maintenant ; le F-35 et le Tempest/GCAP plus tard. |
Un ailier qui coûte le quart d'un chasseur
Le principe du Brontanax est le même que celui qui guide aujourd'hui toutes les grandes forces aériennes : les chasseurs pilotés sont certes magnifiques, mais d'un coût exorbitant, et leur nombre est toujours insuffisant. L'avion de combat collaboratif (CCA) répond à ce constat. Selon BAE Systems, cet appareil est doté d'une soute à armement interne compatible avec toutes les armes actuellement en service dans la RAF et peut mener des missions de guerre électronique, de frappe de précision et de combat air-air, pour environ un quart du prix d'un Typhoon.
Pilotées par un pilote de Typhoon ou dirigées par un commandant de mission au sol, une formation de ces drones peut absorber les risques qu'une nation refuse d'engager en vies humaines : pénétrer en premier dans un espace aérien contesté, brouiller les communications, tromper les défenses, frapper. Le prototype est pour l'instant propulsé par un turboréacteur Williams, mais un Rolls-Royce Orpheus est à l'étude.
Ce programme s'inscrit dans le cadre d'un appel d'offres gouvernemental de 300 millions de livres sterling baptisé " Storm Fighter ", annoncé quelques jours seulement avant le salon aéronautique. Fait révélateur, BAE a financé elle-même le prototype : un pari sur l'imminence de ce besoin et sur le fait que la livraison d'un appareil déjà construit mettrait fin à toute discussion.

La première force aérienne de sixième génération d'Europe
BAE Systems présente Brontanax comme la première étape vers ce qu'elle appelle " la première force aérienne européenne de sixième génération " : une combinaison de chasseurs Tempest pilotés et de drones opérant en réseau. Cette présentation est aussi une affirmation de souveraineté : conçue et construite par des ingénieurs britanniques, avec le soutien de plus de soixante-dix entreprises britanniques, elle intervient à un moment où les alliés européens s'efforcent de réduire leur dépendance aux systèmes américains.
Les essais au sol ont déjà commencé à Warton. Si le calendrier est respecté, Brontanax prendra son envol l'année prochaine et participera peut-être peu après à un exercice de l'OTAN, justifiant ainsi son surnom de « roi du tonnerre ».
Sources : BAE Systems ; The War Zone ; Naval News ; UK Defence Journal ; Defence Industry Europe ; FlightGlobal (22 juillet 2026).




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