Regardez une vieille photo d'aéroport des années 1970 et vous la verrez partout : un jet élégant, doté d'un empennage en T prononcé et de trois moteurs regroupés à l'arrière comme les plumes d'une flèche. Il s'agissait du Boeing 727, qui, pendant toute une génération, a incarné l'image même de l'“ avion de ligne ”. Plus que tout autre avion, c'est lui qui a démocratisé le transport aérien rapide et moderne, le rendant accessible à tous, des gens ordinaires aux villes ordinaires.
Il est également devenu l'avion de ligne le plus vendu au monde, un record qu'il a conservé pendant des décennies, et il a laissé son empreinte sur tout, des petits aéroports de province à l'un des plus grands mystères non résolus de l'aviation.
Informations clés : Boeing 727
- Premier vol : 9 février 1963
- En service : 1964, avec Eastern Air Lines
- Construit: 1 832, de 1962 à 1984
- Moteurs : Trois moteurs Pratt & Whitney JT8D montés à l'arrière
- Astuce: Volets à triple fente pour une meilleure performance sur piste courte
- Fait d'armes : Avion de ligne le plus vendu au monde depuis des années
Des avions pour les petites villes
Le 727 était né de l'idée de Jack Steiner, ingénieur chez Boeing, qui souhaitait affranchir le transport aérien des grands aéroports et le rendre accessible à tous. Le problème était que les premiers avions à réaction nécessitaient de longues pistes. La solution de Steiner : une aile dotée de nombreux dispositifs hypersustentateurs, dont un volet complexe à triple fente, permettant au 727 d'atterrir en douceur et d'utiliser des pistes de moins de 1 500 mètres. Ses trois moteurs lui conféraient la puissance nécessaire pour décoller des aéroports à courte portée, situés en altitude et par temps chaud, là où un bimoteur aurait pu rencontrer des difficultés.

Un best-seller, et un ouvrage autosuffisant
La formule a connu un succès retentissant. Entre 1962 et 1984, Boeing en a construit 1 832 exemplaires, et le 727 est resté l'avion de ligne le plus vendu au monde jusqu'à ce que son petit frère, le 737, finisse par le détrôner. Il était également d'une autonomie exceptionnelle : grâce à son groupe auxiliaire de puissance intégré et à son propre escalier d'accès, un 727 pouvait faire demi-tour sur un aéroport modeste sans aucun équipement au sol.

La légende de Cooper et les longs adieux
Le 727 occupe également une place de choix dans la légende du crime. En novembre 1971, un pirate de l'air du nom de D.B. Cooper extorqua $200,000 livres sterling, puis abaissa l'escalier arrière du 727 en vol et sauta en parachute dans la nuit au-dessus du nord-ouest du Pacifique, disparaissant à jamais. Boeing installa par la suite un dispositif simple, le ’ frein Cooper “, pour empêcher l'ouverture de l'escalier arrière en vol.
La hausse des prix du carburant et le durcissement des normes antibruit ont finalement conduit au retrait du 727, ce triplace gourmand en carburant, du service passagers, même si les versions cargo ont continué à voler pendant des années. Son véritable héritage dépasse largement le simple record du monde : le 727 a contribué à transformer l’avion de ligne, autrefois un luxe réservé à une élite, en un moyen de transport quotidien pour le plus grand nombre.
Sources : The Seattle Times, Boeing, Simple Flying, Wikipédia.




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