On dirait une fléchette en papier dessinée par un enfant et prise au sérieux par un ingénieur. Un long nez pointu, une immense aile triangulaire, un train d'atterrissage frêle et allongé, et un unique petit réacteur perché à la base de la dérive. Le Handley Page HP.115 fut l'un des avions les plus étranges et les plus importants jamais construits en Grande-Bretagne.
Dans les années 1950, les concepteurs d'avions de ligne supersoniques se heurtèrent à un obstacle de taille. L'aile delta, si fine et performante en supersonique, menaçait de se révéler un piège mortel à l'atterrissage. Les essais en soufflerie ne permettaient que des conclusions divergentes. Il fallait absolument que quelqu'un prenne l'avion.
FAITS RAPIDES
| Taper | Avion de recherche à basse vitesse Slender-delta |
| Premier vol | 17 août 1961 |
| Rôle | Recherche sur les deltas à basse vitesse pour le transport supersonique |
| centrale électrique | 1 turboréacteur Bristol Siddeley Viper |
| vitesse maximale | 248 mph (399 km/h) |
| Nombre construit | 1 (numéro de série XP841) |
| Destin | Retiré du service en 1974 ; conservé au Fleet Air Arm Museum |
À la poursuite d'un vortex
Les chercheurs du Royal Aircraft Establishment, s'appuyant sur les travaux de Dietrich Küchemann et Johanna Weber, ont compris qu'une aile delta à forte flèche génère de puissants tourbillons à basse vitesse, générant une portance supplémentaire au-dessus de l'aile. Le HP.115 a été construit pour tester cette hypothèse, avec une aile en flèche de 75 degrés.
Le 17 août 1961, le pilote d'essai Jack Henderson fit décoller le XP841 à RAE Bedford et revint tout sourire. Loin d'être dangereusement nerveux, le petit jet était docile. Les pilotes pouvaient effectuer des virages serrés d'une inclinaison à l'autre tout en volant à une vitesse de seulement 111 km/h, une fraction de la vitesse d'atterrissage d'un jet rapide.

L'aiguille qui pointait vers le Concorde
Pendant treize ans, le HP.115 a discrètement recueilli les données à basse vitesse nécessaires au décollage et à l'atterrissage d'un avion de transport supersonique. Ses résultats, combinés aux travaux à haute vitesse du BAC 221, ont contribué à convaincre les ingénieurs de la fiabilité d'une aile delta élancée. Cette confiance a directement influencé le développement du Concorde.
En 1974, le XP841 avait atteint sa durée de vie prévue d'environ 500 heures de vol et a été retiré du service de recherche aérienne.
Un avion. Un moteur. Une idée, éprouvée. Le XP841 trône désormais à côté du nez d'un Concorde au Fleet Air Arm Museum, la modeste aiguille côtoyant l'avion de ligne qu'il a contribué à rendre possible.

Bref historique du fragile petit delta qui a permis de réduire les risques liés au Concorde :
Sources : Fleet Air Arm Museum ; Vintage Aviation News ; Wikipédia.




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