Le 7 avril 2003, le capitaine Kim Campbell a survolé Bagdad pour porter secours aux soldats américains bloqués près du Tigre. Elle a déployé ses forces. A-10 Le Thunderbolt a tiré là où il fallait, puis a commencé à dévier de sa cible. C'est alors qu'un missile sol-air l'a repérée.
En un instant, le cockpit s'illumina de voyants d'alerte, les commandes devinrent inopérantes et l'avion piqua du nez vers les rues en contrebas. Ce qu'elle fit pendant l'heure qui suivit transforma une éjection quasi certaine en l'un des sauvetages les plus célèbres de l'histoire moderne du combat aérien.
Informations clés
| Pilote | Le capitaine Kim " Killer Chick " Campbell, USAF (à l'époque) |
| Date | 7 avril 2003, au-dessus de Bagdad |
| Aéronef | Fairchild Republic A-10 Thunderbolt II |
| Dommage | Touché par un missile sol-air ; plus de 150 impacts, les deux systèmes hydrauliques sont hors service. |
| Le sauvetage | Rentré à la maison en mode manuel — câbles et manivelles, pas d'hydraulique |
| Distance | Environ 480 kilomètres / environ une heure pour retourner à la base |
| Atterrissage | Atterrissage réussi plutôt que d'éjection au-dessus de Bagdad |
| Prix | Croix de service distinguée dans l'aviation |
Une seconde, tout a changé.
Le missile a déchiré le flanc droit du A-10. Les éclats ont percé plus de 150 trous dans le fuselage et l'empennage, ouvert une brèche de la taille d'un ballon de football dans le stabilisateur droit et sectionné les deux circuits hydrauliques de l'appareil – ceux qui actionnent les commandes de vol. Un avion à commandes hydrauliques sans système hydraulique, dans la plupart des jets, est un parachute en puissance.

Elle devait faire un choix rapidement, et le sol sous ses pieds était le dernier endroit où un pilote souhaiterait atterrir en parachute.
Câbles et manivelles
L'A-10 possède un atout que la plupart des avions de chasse n'ont pas : un système de reprise de contrôle manuel. Ce système de secours, composé de câbles, de poulies et de manivelles, permet au pilote de piloter l'appareil à la force des bras lorsque le système hydraulique est défaillant. Les pilotes décrivent le pilotage comme la lutte avec un camion sans direction assistée, à des vitesses atteignant plusieurs centaines de nœuds. Campbell a enclenché la reprise de contrôle manuelle et, chose étonnante, le Warthog immobilisé a répondu.

Guidé par son chef d'escadrille, elle parvint à ramener l'avion endommagé à sa base, parcourant plus de 480 kilomètres (300 miles) en environ une heure de pilotage manuel, en étant attentive au moindre mouvement. Puis, au lieu de s'éjecter au-dessus du territoire allié, elle choisit de tenter l'atterrissage et réussit à poser l'appareil sans encombre.
Pourquoi le Warthog et son pilote sont des légendes
Campbell a reçu la Distinguished Flying Cross pour cette heure de vol. Cette histoire est aussi un hommage à l'appareil lui-même : le A-10 a été conçu dès le départ pour encaisser les tirs et survivre, grâce à ses systèmes redondants, son cockpit en titane renforcé et son système de reprise de contrôle manuel. C'est précisément pourquoi les équipages et les soldats affectionnent le Warthog, cet avion au physique ingrat et à l'indestructibilité légendaire, et pourquoi son retrait du service, longtemps retardé, est tant regretté.
Kim Campbell a ensuite commandé, enseigné et écrit sur cette journée. Mais l'image qui reste gravée dans les mémoires est celle d'un jeune capitaine debout à côté d'un avion criblé de trous, tous deux miraculeusement indemnes.
Sources : US Air Force ; The Aviation Geek Club ; Task & Purpose ; The War Zone ; Kim Campbell, Flying in the Face of Fear.
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