Ottawa a fait un choix qui en dit autant sur la politique que sur la puissance de feu. Le Canada armera son avenir. F-35A La flotte est équipée du Joint Strike Missile, une arme de croisière de fabrication norvégienne qui se loge dans le ventre du Lightning II sans compromettre sa furtivité.
Le Premier ministre Mark Carney a annoncé cette acquisition lors du sommet de l'OTAN à Ankara. Ce contrat d'environ 1 456 400 dollars fait du Canada le sixième pays à se doter du JSM, après la Norvège, le Japon, l'Australie, les États-Unis et l'Allemagne.
Pour un pays qui a passé deux ans à se tourmenter au sujet de son avion de chasse de fabrication américaine, le choix d'un missile européen est un geste révélateur.
Informations clés
| Arme | Missile de frappe conjointe Kongsberg (JSM) — missile de frappe de précision aéroporté |
| Origine | Norvège (dérivé du missile de frappe navale) |
| Poids / longueur | 416 kg / environ 4 mètres |
| Gamme | Plus de 350 km (189 milles nautiques), vitesse subsonique élevée |
| Chercheur | Imagerie infrarouge avec reconnaissance automatique de cible |
| Caractéristique clé | Seule arme de sa catégorie transportée dans la soute interne du F-35 |
| Accord | Environ $564 millions ; le Canada devient le 6e opérateur JSM |
Un missile conçu pour se dissimuler
Le JSM est un cousin aéroporté du missile antinavire Naval Strike Missile de Kongsberg, et son principal atout est sa discrétion. C'est la seule arme de ce type à pouvoir être logée dans la soute à armement interne du F-35. Les missiles de croisière américains JASSM et LRASM sont tout simplement trop volumineux ; emportés en externe, ils transforment un chasseur furtif en une cible radar ordinaire.
À l'intérieur de la baie, le F-35 conserve son profil bas jusqu'au point de lancement. De là, le JSM prend le relais : un missile de 416 kg, de quatre mètres de long, à vitesse subsonique élevée, volant à basse altitude au ras du sol, utilisant un autodirecteur infrarouge et un système de reconnaissance automatique de cibles pour identifier un navire ou une cible terrestre spécifique à plus de 350 kilomètres de distance. Son intégration sera réalisée dans le cadre de la modernisation Block 4 du F-35.
La reprise des relations du Canada avec le F-35
Ce missile arrive au beau milieu d'un programme d'avions de chasse qui a connu plusieurs revers. Le Canada a signé en 2023 un contrat de 19 milliards de dollars canadiens (environ 1 413 milliards de dollars américains) pour l'acquisition de 88 F-35A, les premières livraisons étant prévues pour 2026 et la pleine capacité opérationnelle attendue pour 2034. Mais suite à une brouille diplomatique avec Washington, le gouvernement de Carney a ouvertement envisagé de n'acheter que les 16 appareils déjà payés.
Le choix d'une arme spécifique pour le F-35 témoigne de la confiance accordée à cette plateforme, tandis que l'option d'un missile européen laisse une marge de manœuvre. Ce type de précaution est devenu une caractéristique de la politique de défense d'Ottawa.
Une inclinaison européenne
Le JSM arrive dans un contexte d'acquisitions résolument non américaines. Le Canada a sélectionné l'avion radar GlobalEye de Saab — construit sur la base d'un jet d'affaires Bombardier canadien — pour un montant de plus de cinq milliards de dollars, et l'OTAN elle-même a choisi le GlobalEye ce mois-ci pour remplacer sa flotte vieillissante d'AWACS. Carney a publiquement manifesté son intérêt pour le Saab. Gripen, Le Canada fait l'acquisition de pétroliers CC-330 Husky, dérivés d'Airbus. De son côté, Kongsberg réinvestit dans l'industrie canadienne dans le cadre de cet accord.
Le message d'Ottawa est subtil mais sans équivoque : achetez américain lorsque cela est judicieux, mais gardez une corde européenne à votre arc.
Sources : The Aviationist, Kongsberg, Defense News.




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