Deux compagnies aériennes nationales, qui coopèrent discrètement depuis le début des années 1960, ont signé un nouvel accord à Séoul le 3 septembre. En soi, cet événement passerait presque inaperçu. C'est le contexte qui le rend intéressant.
Dans quatorze semaines, Asiana Airlines disparaîtra. Le 17 décembre, son nom, son logo, ses 240 avions, son personnel et son réseau de lignes seront absorbés par Korean Air. Japan Airlines s'est assurée d'être bien positionnée pour prendre la relève.
Informations clés
| compagnies aériennes | Japan Airlines et Korean Air |
| Annoncé | 3 septembre 2026 |
| Signé par | Keehong Woo, vice-président de Korean Air, et Mitsuko Tottori, présidente de JAL |
| Dates de la relation à partir de | Début des années 1960 |
| Portée | Avis sur les programmes de partage de codes et de fidélisation, ainsi que de nouveaux domaines comme le développement durable |
| Déclenchement | Intégration complète d'Asiana Airlines à Korean Air le 17 décembre 2026 |
| La flotte d'Asiana absorbée | Environ 240 avions |
| Korean Air combinée | Plus de 120 destinations, plus de 230 avions et environ 28 000 employés ont été recensés. |
| Alliances | JAL fait partie de Oneworld ; Korean Air est membre fondateur de SkyTeam ; Asiana quitte Star Alliance. |
L'accord lui-même
D'après aeroTELEGRAPH et FlightGlobal, l'accord est volontairement ouvert. Les deux compagnies aériennes réexamineront leur coopération en matière de partage de codes et de fidélisation et l'adapteront progressivement au réseau étendu de Korean Air. Elles prévoient également de collaborer dans de nouveaux domaines, notamment sur des projets visant à améliorer la durabilité du secteur aérien.
Ce qui est remarquable, c'est ce que cela n'est pas. Il ne s'agit ni d'une coentreprise, ni d'un changement d'alliance, ni d'une prise de participation. JAL reste dans Oneworld. Korean Air reste dans SkyTeam. Ce sont deux compagnies aériennes d'alliances rivales qui acceptent de collaborer plus étroitement car la logique commerciale de part et d'autre de la mer du Japon prime sur la logique des alliances.

Que se passe-t-il réellement en décembre ?
La fusion entre Korean Air et Asiana Airlines progresse lentement depuis novembre 2020, date à laquelle Korean Air a annoncé le sauvetage de sa rivale en difficulté avec le soutien du gouvernement. Le groupe Hanjin a acquis une participation de 64 % en décembre 2024, mais les deux compagnies aériennes ont continué à opérer de manière largement indépendante pendant encore dix-huit mois.
Cela prend fin le 17 décembre. Une seule marque, un seul certificat d'exploitation, un seul programme de fidélité : Asiana Club est intégré à SKYPASS, les miles gagnés en vol étant convertis à raison d'un pour un.
Pour les membres Star Alliance, c'est tout simplement une mauvaise nouvelle. Asiana proposait depuis longtemps l'une des meilleures options de réservation en classe affaires transpacifique pour les membres United MileagePlus et Aeroplan, et ces vols ne sont plus disponibles.
Pour les membres de SkyTeam, et notamment Delta, c'est l'inverse. Les vols transpacifiques d'Asiana sont désormais assurés par la coentreprise Delta-Korean Air, et les passagers de Delta bénéficient ainsi d'un accès au réseau asiatique d'Asiana grâce à une seule réservation au départ d'Incheon.
Pourquoi JAL souhaite avoir sa place à cette table
Le Japon et la Corée du Sud forment à eux deux l'un des marchés internationaux court-courriers les plus denses au monde, et les aéroports de Séoul-Incheon et de Tokyo-Haneda servent de portes d'entrée long-courriers pour la région. Lorsqu'une des deux compagnies aériennes nationales coréennes absorbe l'autre, l'ensemble des flux de trafic entre les deux pays est renégocié.
JAL a choisi de renégocier avant la fusion plutôt qu'après. Ce n'est pas une décision prestigieuse, mais c'est ce genre de choix qui déterminera qui bénéficiera des correspondances en 2028.
La fusion entre Korean Air et Asiana, expliquée avant la date d'intégration du 17 décembre.
La question de la concurrence
Les autorités de régulation du monde entier se sont inquiétées pendant des années de cette situation. Pour obtenir l'autorisation, Korean Air a accepté de céder des créneaux horaires et des droits de trafic sur 34 liaisons internationales et intérieures, notamment la liaison Incheon-Londres Heathrow à Virgin Atlantic et les liaisons Incheon-Los Angeles, San Francisco et Honolulu à la petite compagnie aérienne coréenne Air Premia.
L'efficacité de cette stratégie reste incertaine. Air Premia ne dispose que de neuf appareils, n'offre pas de classe affaires traditionnelle et a déjà réduit la fréquence de ses vols vers Los Angeles. Sur les liaisons les plus importantes, la nouvelle Korean Air subira une pression bien moindre que celle exercée auparavant par Asiana.
C’est finalement la raison pour laquelle JAL a signé. Une Korean Air plus importante et moins contrainte est un partenaire plus précieux – et un concurrent plus redoutable à éviter.
Foire aux questions
Qu'ont convenu Japan Airlines et Korean Air ?
Depuis combien de temps JAL et Korean Air travaillent-elles ensemble ?
Quand Asiana Airlines disparaîtra-t-elle ?
Qu’adviendra-t-il de l’adhésion d’Asiana à Star Alliance ?
Quelle sera la taille de la nouvelle Korean Air issue de la fusion ?
Pourquoi le partenariat avec JAL est-il important maintenant ?
Sources : aeroTELEGRAPH, FlightGlobal, Business Traveller, Korean Air, Japan Airlines.




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