Le 21 août 2026, sur la base aérienne de Malmen en Suède, Saab a choisi le centenaire de l'armée de l'air suédoise pour dévoiler sa vision des cent prochaines années. Au sol se dressait une maquette grandeur nature d'un drone supersonique furtif et sans queue, une machine sans pilote conçue non pas pour rôder en marge d'un conflit, mais pour pénétrer directement dans ses zones les plus dangereuses.
Saab nomme ce projet la Plateforme collaborative autonome, ou ACP. En termes plus simples, il s'agit d'un drone de combat : un “ ailier fidèle ”, furtif, rapide et lourdement armé, conçu pour voler aux côtés du Gripen E et, un jour peut-être, remplacer complètement le chasseur piloté. Saab le présente d'ailleurs comme une solution haut de gamme par rapport à l'avion de combat collaboratif américain, plus grand, plus avancé et plus rapide.
Informations clés : Drone de combat Saab ACP
- Dévoilé : 21 août 2026, base aérienne de Malmen, Suède
- Programme: Plateforme collaborative autonome (ACP)
- Taper: “ drone de combat ” furtif, supersonique et sans pilote”
- Manifestants : A1 et A2, financés par le ministère suédois de la Défense
- Premier vol (A1) : Prévu dans environ 15 mois
- Moteur: GE F414, identique au Gripen E/F
- En service : Potentiellement vers le milieu des années 2030, si le financement est assuré.
Un drone aux ambitions de chasseur
La vedette du salon était un concept-car à vocation industrielle, baptisé A3 par Saab. Il s'agit d'un appareil élégant, sans empennage, à fuselage et ailes tronquées, doté d'entrées d'air furtives en forme de ciseau sur chaque flanc et d'une tuyère de moteur dentelée et peu détectable. Un arête saillante parcourt le nez en forme de flèche, lui conférant une légère ressemblance avec les avions de la Guerre froide. Saab 35 Draken et son fameux double delta.
Il ne s'agit pas d'un drone de reconnaissance. Saab souhaite que l'ACP puisse survivre à des missions à haut risque dans un espace aérien fortement défendu, notamment des combats aériens, la guerre électronique, la suppression des défenses aériennes ennemies et des frappes de précision en profondeur. Autrement dit, les missions qui exigent aujourd'hui un avion de chasse furtif piloté et un pilote extrêmement courageux.
Trois avions, A1 à A3
Derrière cette maquette rutilante se cache un véritable appareil. Saab construit déjà deux démonstrateurs technologiques sans pilote, A1 et A2, financés par le ministère suédois de la Défense. Le premier, A1, devrait effectuer son premier vol d'ici une quinzaine de mois, conformément à un cahier des charges volontairement ambitieux visant à passer du concept au premier vol en 36 mois. Il est équipé du turboréacteur GE Aerospace F414, le même moteur qui équipe le Gripen E/F, développant une poussée d'environ 10 tonnes et conférant au drone de véritables performances supersoniques.
L'objectif principal du prototype A1 est de démontrer que Saab est capable de construire et de faire voler un avion furtif. Le prototype A2 va plus loin, en intégrant une soute à armement interne et en testant de nouveaux matériaux et capteurs. Saab est chargé du développement des deux prototypes jusqu'en 2030. Le concept A3, présenté à Malmen, est l'aboutissement de ces enseignements : un avion de série capable de survivre à une attaque, à condition que le gouvernement suédois finance la prochaine étape.

Assez bon marché pour modifier les calculs
Le chiffre qui retient l'attention des planificateurs de la défense est le coût. Nilsson a suggéré que le coût du cycle de vie de l'ACP pourrait représenter environ un tiers de celui d'un Gripen, un drone unique pouvant coûter environ la moitié du prix d'un Gripen E, déjà relativement bon marché avec un prix unitaire estimé entre $70 et $80 millions de livres sterling. Cela permettrait à une force aérienne de déployer deux ou trois ACP pour chaque chasseur piloté. Comme l'a souligné Nilsson avec ironie, le véritable problème est que le Gripen est déjà “ trop bon marché ” pour être facilement détrôné.
Les enjeux dépassent largement le cadre d'un seul drone. Cette même architecture pourrait servir de base à un futur successeur du Gripen, un avion de combat piloté dont la Suède aura besoin après 2055. Entre 2028 et 2030, Stockholm devra décider s'il convient de construire son propre avion de combat de nouvelle génération, de rejoindre un programme étranger de sixième génération ou d'opter pour une force combinant avions de combat pilotés et drones.
Pour l'instant, l'ACP n'est qu'une proposition, pas un programme signé. Mais avec deux prototypes déjà en cours de réalisation, Saab parie sur sa capacité à être le pionnier du segment haut de gamme des partenaires fidèles, et sur le fait qu'un petit pays à l'indépendance farouche peut, une fois de plus, jouer un rôle bien plus important qu'il n'y paraît.
Contexte : Les efforts de la Suède pour définir ses futurs avions de combat, dont l'ACP est la composante sans pilote.
Sources : The War Zone (TWZ), FlightGlobal, Saab, Defence Blog.




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