C'est invisible, et c'est précisément ce qui le rend dangereux. Derrière chaque avion qui prend de l'altitude, deux tourbillons d'air invisibles s'enroulent : les turbulences de sillage. Si un gros porteur se retrouve dans son sillage au mauvais moment, un petit avion peut basculer sur le dos plus vite que le pilote ne peut l'arrêter. C'est l'un des dangers silencieux qui régissent le fonctionnement de tout le système de contrôle aérien.
La physique est simple. Les conséquences ne le sont pas.
Informations clés
| Qu'est-ce que c'est | Deux tourbillons contrarotatifs s'enroulent derrière une aile qui génère de la portance. |
| Cause | L'air s'échappe de la zone de haute pression sous l'aile vers la zone de basse pression au-dessus, au niveau des extrémités. |
| Atteindre | Peut s'étendre jusqu'à environ 9 milles nautiques et persister pendant quelques minutes. |
| Comportement | Il s'enfonce de 150 à 300 mètres sous l'avion et dérive avec le vent. |
| Danger | Peut faire rouler un aéronef suiveur au-delà de son autorité de contrôle |
| Le pire des cas | Basse et lente — au décollage et à l'atterrissage |
| Géré par | Catégories de séparation basées sur le poids : Léger, Moyen, Lourd, Très lourd |
D'où viennent les vortex ?
Une aile génère de la portance en maintenant une pression plus basse au-dessus qu'en dessous. Aux extrémités de l'aile, cette différence de pression est manifeste : l'air à haute pression situé sous l'aile remonte et contourne l'extrémité pour pénétrer dans la zone de basse pression située au-dessus, créant ainsi deux puissants tourbillons contrarotatifs qui s'échappent des extrémités de l'aile. Plus l'avion est lourd et lent, plus ces tourbillons sont puissants.

Ces tourbillons ne disparaissent pas simplement. Ils s'enfoncent à quelques centaines de mètres sous la trajectoire de vol, dérivent avec le vent et peuvent persister pendant des minutes et s'étendre sur des kilomètres derrière un gros avion à réaction.
Pourquoi cela peut faire basculer un avion de ligne
Le danger ne réside pas dans les turbulences, mais dans la rotation. Si un avion suiveur pénètre dans l'un de ces noyaux de tourbillon, le vortex tend à le faire basculer ; or, derrière un gros appareil, la force de basculement peut être supérieure à ce que les ailerons d'un avion plus petit peuvent contrer.

Le danger est maximal précisément là où les avions sont les plus vulnérables : à basse altitude et à faible vitesse, au décollage et à l'atterrissage, près du sol avec peu de marge de manœuvre pour se redresser.
Comment le système assure votre sécurité
La solution réside dans la séparation. Le contrôle aérien maintient les avions à distance et dans le temps en fonction de leur catégorie de poids — léger, moyen, lourd et la catégorie « super » créée pour l'Airbus A380 — afin qu'un avion plus petit ne suive jamais un gros porteur de trop près. Les pilotes apprennent à rester au niveau ou au-dessus de la trajectoire de l'avion qui les précède et à atterrir au-delà de son point d'atterrissage, en évitant la zone de sillage.
Cela fonctionne car cela tient compte de quelque chose d'invisible. Le ciel derrière un avion n'est jamais tout à fait vide, et toute la chorégraphie de l'aviation moderne est conçue pour laisser à ces tourbillons invisibles le temps de se dissiper.
Sources : Administration fédérale de l'aviation américaine (AIM) ; SKYbrary ; normes de catégorie de sillage de l'OACI ; Pilot Institute.
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