| Informations clés | |
|---|---|
| Programme | Programme mondial de combat aérien (GCAP) |
| Partenaires | Royaume-Uni, Italie, Japon |
| Entreprise principale | Edgewing (BAE Systems + Leonardo + JAIEC) |
| Valeur du premier contrat | 686 millions de livres sterling (~$912 millions) |
| Type de contrat | Contrat-relais jusqu'en juin 2026 |
| Livraison ciblée | 2035 |
| Génération | Chasseur furtif de sixième génération |

Près d'un milliard de dollars vient d'être versé sur les comptes bancaires de trois géants de la défense répartis sur deux continents, et le message est clair : la sixième génération d'avions de chasse n'est plus un concept. C'est un programme concret, doté d'un contrat, d'une entreprise et d'une échéance.
L'organisation gouvernementale internationale GCAP, qui représente le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon, a attribué un contrat de 686 millions de livres sterling à Edgewing, la coentreprise trilatérale formée par BAE Systems, Leonardo et Japan Aircraft Industrial Enhancement Co. (JAIEC). Il s'agit du premier contrat international jamais signé par ce programme, qui concrétise des années d'accords politiques et d'études de faisabilité en travaux d'ingénierie réels.
Il y a un hic. C'est un pont.
Un pont, pas une fondation
Les 686 millions de livres sterling ne financent pas l'intégralité du programme de développement. Ils permettent d'assurer la continuité du projet jusqu'en juin 2026, en finançant les travaux de conception en cours, l'ingénierie des systèmes et le travail des milliers de spécialistes répartis dans trois pays qui œuvrent déjà à l'architecture de l'appareil. Un contrat de développement plus important et plus complet est attendu une fois que le Royaume-Uni aura finalisé son Plan d'investissement pour la défense, qui définira les dépenses de défense britanniques pour les dix prochaines années.
Concrètement, il s'agit d'une aide vitale. Sans ce pont, les ingénieurs de Warton, Turin et Nagoya auraient été confrontés à un manque de financement susceptible de disperser les équipes et de freiner brutalement le projet à une étape cruciale de la conception. Ce contrat garantit la continuité des travaux pendant que les responsables politiques règlent le financement.
Cela envoie également un signal politique fort. Trois nations de trois continents – l’Europe, l’Asie et l’Alliance atlantique – investissent des sommes considérables dans un avion de combat commun. À une époque où les partenariats de défense se fragilisent sous l’effet des différends commerciaux et des réalignements politiques, le GCAP reste uni.
Ce qu'ils construisent
GCAP vise à produire un chasseur furtif de sixième génération qui surpasse tout ce que le F-35 ou l'Eurofighter Typhoon. Le concept repose sur une cellule bimoteur de grande taille conçue pour la pénétration en profondeur de l'espace aérien contesté, avec un accent mis sur la fusion de capteurs, le travail en équipe autonome avec des ailiers sans pilote et les capacités de guerre électronique intégrées à la cellule dès la première ligne de code.
Chaque partenaire apporte une expertise spécifique. BAE Systems bénéficie de plusieurs décennies d'expérience dans le domaine des avions furtifs et de combat, notamment grâce au Typhoon et au programme de drone classifié Taranis. Leonardo contribue avec des systèmes de capteurs avancés et des systèmes de guerre électronique. JAIEC, un consortium composé de Mitsubishi Heavy Industries, d'IHI Corporation et d'autres entreprises japonaises de défense, apporte son savoir-faire en matière de fabrication de précision et de technologie des moteurs, perfectionné dans le cadre du programme de démonstration japonais X-2 Shinshin.

Objectif : premières livraisons d’ici 2035. Pour la Royal Air Force, cela signifie le remplacement du Typhoon. Pour l’armée de l’air italienne, même chose. Pour les forces d’autodéfense aériennes japonaises, il remplace le F-2 vieillissant, une version modifiée. F-16 que le Japon souhaite depuis longtemps réussir avec un design national.
Le pari d'un milliard d'euros de l'Italie
L'Italie a investi 8,8 milliards d'euros dans le GCAP, un montant qui dépasse désormais ses dépenses totales pour sa flotte de F-35. Pour ce pays, qui a rejoint le programme F-35 en tant que partenaire mineur chargé de l'assemblage des appareils à Cameri, le GCAP représente une tout autre dimension : une participation active à la conception dès le départ. Leonardo ne se contentera pas d'assembler un avion conçu par un tiers. L'entreprise contribuera pleinement à la création du futur.
L'investissement du Japon revêt lui aussi une dimension stratégique. Tokyo cherche depuis longtemps à réduire sa dépendance aux avions de combat américains tout en préservant l'interopérabilité avec les forces américaines. Le GCAP offre au Japon un chasseur de conception nationale, développé en partenariat international et non soumis au contrôle des exportations américain – un atout majeur dans une région où les ventes d'armes deviennent un instrument géopolitique.
La course est lancée
Le GCAP ne se développe pas en vase clos. La France, l'Allemagne et l'Espagne développent leur propre avion de combat de sixième génération dans le cadre du programme FCAS (Future Combat Air System), piloté par Dassault et Airbus. Les États-Unis disposaient de leur propre programme NGAD (Next Generation Air Dominance), mais son avenir est incertain suite à des dépassements de coûts qui ont fait grimper le prix unitaire à plus de 14 000 000 £.
La Chine travaille sur au moins un prototype de sixième génération. La Russie affirme faire de même, bien que sa capacité industrielle soit actuellement mobilisée par la guerre en Ukraine.

Ce contrat de 686 millions de livres sterling ne déterminera pas lequel de ces programmes remportera la course à l'innovation. Mais il permet au GCAP de rester dans la course. Et dans le développement des avions de chasse, la dynamique est primordiale : dès qu'on s'arrête, les ingénieurs partent, le savoir-faire se disperse et redémarrer coûte dix fois plus cher que de poursuivre le projet.
Trois nations ont décidé de poursuivre.
Sources : Defense News, The Aviationist, Breaking Defense
Questions connexes
Qu'est-ce que le GCAP (Global Combat Air Programme) ?
Le GCAP, ou Programme mondial d'avions de combat aériens, est un effort trilatéral mené par le Royaume-Uni, l'Italie et le Japon pour développer un avion de chasse furtif de sixième génération, avec une date de livraison prévue en 2035. Il fusionne le projet Tempest britannique avec le prochain programme d'avion de chasse japonais et est dirigé par une coentreprise industrielle appelée Edgewing.
Quels pays font partie du GCAP ?
Le GCAP réunit trois pays partenaires : le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Chacun apporte des atouts spécifiques : le britannique BAE Systems, spécialiste des avions furtifs et de combat ; l’italien Leonardo, fournisseur de capteurs et de systèmes de guerre électronique ; et le japonais JAIEC, fort de son expertise industrielle. Ensemble, ils ambitionnent de déployer un avion de combat de sixième génération commun d’ici 2035.
Quel était le montant du premier contrat de GCAP ?
Le premier contrat international de GCAP s'élevait à 686 millions de livres sterling (environ 912 millions de dollars américains). Attribué à la coentreprise Edgewing, il s'agit d'un contrat-cadre finançant les travaux de conception et d'ingénierie des systèmes jusqu'en juin 2026, et permettant ainsi le maintien des effectifs multinationaux en attendant la signature d'un contrat de développement plus important.
Qu'est-ce qu'un avion de chasse de sixième génération ?
Un chasseur de sixième génération représente la prochaine génération d'avions de combat, succédant aux appareils de cinquième génération comme le F-35. Il privilégie la furtivité en profondeur, la fusion avancée des capteurs, la guerre électronique intégrée et le travail en équipe avec des drones de combat. D'autres nations développent des modèles concurrents, notamment en Europe. Le programme FCAS a connu des difficultés., tandis que les États-Unis ont fait voler leurs B-21 Raider.
Quelle entreprise construit le chasseur GCAP ?
Le chasseur GCAP est développé par Edgewing, une coentreprise trilatérale formée par le britannique BAE Systems, l'italien Leonardo et la Japan Aircraft Industrial Enhancement Co. (JAIEC). Cette société a été créée pour concrétiser des années d'études de faisabilité en projets d'ingénierie tangibles, en s'appuyant sur l'expertise de chaque partenaire en matière de furtivité, de capteurs et de guerre électronique.
Quand le chasseur GCAP entrera-t-il en service ?
Le programme GCAP vise une livraison en 2035. Il est actuellement en phase de conception, financée par un contrat-cadre jusqu'en juin 2026. Un contrat de développement plus important est ensuite prévu, une fois que le Royaume-Uni aura finalisé son plan d'investissement pour la défense. L'appareil est conçu pour opérer aux côtés de… drones robots ailiers sans pilote.




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