Le taxi aérien électrique réussit son test le plus difficile à ce jour

by | 7 avril 2026 | Monde de l'aviation, Nouvelles | 0 comments

Informations clés Entreprise Vertical Aerospace (Bristol, Royaume-Uni)
Aéronef Démonstrateur VX4 à échelle réelle (piloté)
Jalon Premier vol de transition piloté, propulsé par poussée, vers un vol porté par l'aile.
Pilote d'essai Paul Stone
Emplacement Aéroport de Cotswold, sud-ouest de l'Angleterre
Date 2 avril 2026
Avions de production Valo vise la certification CAA et EASA d'ici 2028
Concurrents Joby Aviation et Beta Technologies (qui ont toutes deux également achevé des transitions pilotées)
Avions électriques à décollage et atterrissage vertical
L'industrie des eVTOL est engagée dans une course effrénée vers la certification, et la transition du vol vertical au vol plané est l'épreuve la plus difficile que tout taxi aérien doit réussir. (Wikimedia Commons)

Le pilote d'essai Paul Stone a soulevé verticalement le prototype grandeur nature de la piste de l'aéroport de Cotswold, dans le sud-ouest de l'Angleterre, a incliné les hélices avant vers l'avant, a senti les ailes fendre l'air… et l'appareil a décollé. Les hélices arrière se sont repliées. L'avion a accéléré jusqu'à atteindre son vol de croisière, s'est maintenu en vol plané, puis a amorcé sa descente pour un atterrissage classique. L'opération semblait fluide. Elle était pourtant loin d'être simple.

Vertical Aerospace qualifie cette étape de plus importante de ses dix ans d'existence, et ce n'est pas exagéré. La transition du vol vertical au vol plané est la manœuvre la plus délicate pour un taxi aérien électrique : le moment où l'appareil passe du vol stationnaire, comme un hélicoptère, au vol en palier, traversant une plage de vitesses où aucun des deux modes n'est optimal.

En cas d'erreur, l'appareil décroche, se retourne ou pique du nez. En revanche, en cas de réussite, on obtient un véhicule capable de décoller d'un toit et de traverser une ville à 320 km/h en mode tout électrique. Le 2 avril, Vertical a réussi ce pari.

Les secondes les plus difficiles en aviation

Un hélicoptère classique n'a pas besoin de transition : il effectue un vol stationnaire, un vol horizontal et un atterrissage vertical, le tout grâce au même rotor. Un avion classique n'a pas non plus besoin de transition : il décolle et atterrit sur une piste. Un eVTOL effectue les deux, et c'est dans les quelques secondes qui séparent ces deux modes que réside le défi d'ingénierie.

Durant la transition, l'aéronef doit gérer simultanément la portance générée par les rotors basculants, l'augmentation de la portance des ailes fixes, le déplacement du centre de pression et l'évolution rapide du profil de traînée, tout en maintenant une assiette stable dans une plage de vitesses où les commandes aérodynamiques ne sont pas encore pleinement efficaces. Le logiciel de commande de vol qui exécute cette manœuvre résout des centaines d'équations par seconde.

Le 2 avril, Vertical a réalisé la première partie de la séquence complète : la transition du décollage vertical au vol de croisière, suivie d'un atterrissage conventionnel. La transition retour – le ralentissement du vol de croisière jusqu'au vol stationnaire pour l'atterrissage vertical – constitue la prochaine étape. Elle est sans doute encore plus difficile, car l'avion doit décélérer pour entrer dans le régime de transition instable, au lieu d'accélérer.

La course à la certification

Vertical n'est pas la seule entreprise en lice. Joby Aviation et Beta Technologies ont toutes deux réalisé des vols de transition pilotés avec leurs prototypes grandeur nature. Archer Aviation, Eve Air Mobility et Wisk Aero n'ont pas encore fait de démonstration publique de ce type. Le secteur se divise désormais entre les entreprises capables d'exploiter tout le domaine de vol et celles qui ne le peuvent pas ; les investisseurs restent à l'affût.

Vertical vise la certification de son avion de série, le Valo, auprès de la Civil Aviation Authority britannique et de l'AESA européenne d'ici 2028. Un calendrier ambitieux, quel que soit le point de vue. Le prototype qui a volé à Cotswold n'est pas l'avion de série, mais il a permis de valider les principes fondamentaux de l'aérodynamique et des commandes de vol qui seront utilisés sur le Valo.

L'objectif est de créer un réseau de taxis aériens reliant les centres-villes, les aéroports et les banlieues, réduisant ainsi un trajet terrestre de 90 minutes à 15 minutes par les airs, sans émissions et avec un niveau sonore suffisamment bas pour une utilisation en milieu urbain. La concrétisation de cette vision dépendra des batteries, de la réglementation, de l'acceptation du public et des infrastructures qui n'existent pas encore. Mais le vol lui-même, que tous jugeaient impossible, devient progressivement une réalité.

À l'aéroport de Cotswold, par une belle journée de printemps dans le sud-ouest de l'Angleterre, un pilote a décollé verticalement à bord d'un avion électrique, a volé sur ses ailes, puis a atterri. Il y a dix ans, une telle phrase aurait relevé de la science-fiction. Aujourd'hui, c'est un compte rendu d'essai en vol.

Sources : FlightGlobal, Urban Air Mobility News, Morningstar/Business Wire

Questions connexes

Qu'est-ce qu'un taxi aérien électrique ?

Un taxi aérien électrique est un petit aéronef eVTOL qui transporte des passagers sur de courtes distances, décollant et atterrissant verticalement sans piste et fonctionnant à l'électricité. Des entreprises comme Vertical Aerospace, Joby Aviation et Beta Technologies sont en concurrence pour obtenir leur certification. Vol de transition du VX4 a été une étape clé.

Qui fabrique des taxis aériens électriques ?

Parmi les principaux développeurs figurent le Britannique Vertical Aerospace, constructeur du VX4, ainsi que les entreprises américaines Joby Aviation et Beta Technologies, qui ont toutes deux réalisé des vols de transition pilotés. Chacune d'elles est en lice pour obtenir la certification réglementaire et lancer des services commerciaux de taxis aériens urbains.

Quel était l'objectif principal du programme Vertical Aerospace VX4 en 2026 ?

Le 2 avril 2026, le pilote d'essai Paul Stone a effectué, à l'aéroport de Cotswold, dans le sud-ouest de l'Angleterre, la première transition pilotée du démonstrateur VX4 grandeur nature de Vertical Aerospace entre le vol stationnaire propulsé par rotor et le vol plané par les ailes. Cette transition, qui consiste à passer du vol stationnaire par rotor au vol plané par les ailes, représente l'épreuve la plus exigeante du domaine de vol des eVTOL.

Quand les taxis aériens électriques seront-ils homologués ?

Vertical Aerospace vise la certification de son avion de série, le Valo, auprès de la CAA britannique et de l'EASA d'ici 2028. D'autres constructeurs poursuivent la certification américaine selon des échéanciers similaires. Les taxis aériens franchissent les principaux obstacles réglementaires en prévision des lancements prévus.

Pourquoi le vol de transition est-il si important pour les eVTOL ?

La transition entre le décollage vertical et le vol plané est la phase la plus difficile et la plus dangereuse pour un eVTOL, car la portance doit être transférée des rotors aux ailes sans perte de contrôle. Une démonstration avec un pilote à bord prouve que l'appareil peut combiner un décollage similaire à celui d'un hélicoptère avec un vol de croisière efficace, comparable à celui d'un avion.

Articles similaires

0 Comments

Submit a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *