Lors du congrès de la Tailhook Association le week-end dernier, quelqu'un tenait un appareil photo lorsque l'US Navy a projeté une diapositive particulière. On y voyait deux prototypes du Castelion Blackbeard suspendus sous l'aile droite d'un avion. F/A-18E/F Super Hornet.
Cette simple image confirme ce que la Marine n'avait fait que promettre jusqu'à présent : son missile de frappe hypersonique à bas coût n'est plus une pièce d'exposition sur un chariot au siège d'une start-up en Californie. Il est embarqué à bord d'un avion.
Et le calendrier prévu est véritablement ambitieux : Castelion et la Marine veulent que Barbe Noire soit en service opérationnel limité au plus tard en août 2028.
Informations clés
| Arme | Castelion Barbe-Noire, missile de frappe hypersonique aéroporté |
| Programme | Effecteur de capacité abordable multimission de l'US Navy (MACE) |
| Lancer l'avion | F/A-18E/F Super Hornet (première plateforme d'intégration) |
| Vitesse | Hypersonique, généralement défini comme supérieur à Mach 5 |
| Gamme | Castelion a laissé entendre qu'il s'agissait d'un peu moins de 500 miles ; aucun chiffre officiel n'a été publié. |
| Rôle principal | Frappe anti-navire, avec potentiel d'attaque terrestre |
| Statut | Armes d'essai chargées sur un Super Hornet ; tirs réels non encore confirmés |
| capacité opérationnelle précoce | Objectif : au plus tard août 2028 |
| Dernier contrat | Environ $90 millions de dollars de la Marine, annoncés le 25 août 2026 |
Ce que la diapositive Tailhook a réellement révélé
L'image a été révélée lors d'une réunion d'information à la convention annuelle de la Tailhook Association, la même réunion où la Marine a dévoilé le missile air-air à longue portée AIM-424 Malice. Elle n'a été diffusée publiquement que brièvement, aperçue dans l'enregistrement d'un épisode de podcast publié mardi.
Deux tirs de Blackbeard, une aile, sans fanfare. Le lieu et la date de la prise de vue restent inconnus. TWZ, qui a initialement publié l'image, indique avoir demandé à la Marine des informations supplémentaires.
Les munitions visibles sur la photo de l'entreprise précédente présentent des rayures bleues sur les deux étages, marquage standard pour une munition d'entraînement ou de suivi inerte. Cela indique qu'il s'agit de matériel réel et non d'une maquette, ce qui est important : on ne charge pas une maquette pour vérifier la compatibilité et le dégagement, mais une munition représentative.
La diapositive ne précise pas si le missile Blackbeard a déjà été tiré depuis un avion. Un autre point du compte rendu de la Marine mentionne “ Projet Alpha, tir de missile hypersonique en 2026 ”, sans indiquer si cet objectif a déjà été atteint.

Un amplificateur balistique doté d'une fonction astucieuse.
Blackbeard ne ressemble pas à un missile de croisière, car il n'en est pas un. La photo de l'entreprise montre un lanceur de type missile balistique surmonté d'un second corps, probablement un planeur hypersonique non propulsé. Le lanceur assure l'accélération et l'ascension, puis largue le planeur vers la cible.
Les deux étages sont équipés d'ailerons cruciformes. L'étage supérieur présente une arête dorsale prononcée sur son flanc et un nez légèrement en forme de bec. Il est également possible que le deuxième étage soit doté d'un moteur propre, ce qui lui permettrait de maintenir une accélération ou une vitesse élevée au lieu de simplement planer.
La nouvelle photographie de l'avion chargé en vol révèle un détail véritablement inédit : des ouvertures sur l'un des côtés de son nez en forme de coin. Sur l'avion à réaction, elles sont orientées vers le haut, mais de nombreuses armes aéroportées basculent après leur largage.
La présence d'ouvertures à l'avant indique généralement la présence d'un autodirecteur. L'imagerie infrarouge est la solution la plus évidente, déjà utilisée sur de nombreux systèmes antinavires et d'attaque terrestre. L'infrarouge présente deux avantages majeurs : il est insensible au brouillage par guerre électronique radiofréquence et son fonctionnement est entièrement passif, la cible n'étant donc pas avertie qu'elle est visée.

Pourquoi la Marine le désire tant
Les groupes aériens embarqués souffrent d'un problème de portée. Les bulles de défense aérienne adverses s'étendent sans cesse, éloignant le porte-avions des cibles potentielles et réduisant ainsi le temps qu'un Super Hornet peut passer de l'autre côté de cette bulle. Une arme à plus grande portée et à arrivée plus rapide permet de compenser en partie cet avantage géographique.
La vitesse raccourcit considérablement la chaîne de destruction. Face à un navire en mouvement, le délai entre le repérage de la cible et son impact représente le principal obstacle. Une arme hypersonique réduit ce délai à tel point que la Marine a besoin de maintenir la cible en vue beaucoup plus longtemps.
Vient ensuite l'aspect qui retient l'attention des responsables des achats : le coût. Historiquement, les missiles hypersoniques étaient des armes de luxe, trop onéreuses pour être déployées en grand nombre et réservées à une poignée de cibles de grande valeur. Castelion a conçu Blackbeard dès le départ autour d'une production de masse.
Castelion a publié la vidéo ci-dessus pour présenter les travaux en cours sur Blackbeard, notamment la variante aéroportée destinée au Super Hornet.
Les chiffres qui sous-tendent la poussée
Les fonds ont été versés par étapes. En avril, Castelion a annoncé un contrat de 105 millions de livres sterling avec la Marine américaine, portant explicitement sur l'intégration du missile sur la cellule du Super Hornet. Le 25 août, la société a annoncé l'attribution d'un second contrat d'environ 90 millions de livres sterling, couvrant les travaux jusqu'en août 2028 et la livraison d'au moins 50 missiles.
L'armée finance séparément une version à lancement terrestre. En mai, le Pentagone a présenté un plan d'acquisition de 12 000 missiles Blackbeard sur trois ans, sans toutefois préciser la répartition de ce total entre les versions aéroportées et terrestres.
Si ce calendrier est respecté, la Marine américaine disposera de sa première arme hypersonique aéroportée opérationnelle d'ici deux ans. Pour une force armée qui a vu sa portée de frappe se réduire comme peau de chagrin depuis une décennie, il s'agit d'une amélioration considérable. C'est la différence entre un porte-avions capable de participer aux combats et un porte-avions qui reste sagement à distance.
Sources : TWZ (Joseph Trevithick, 26 août 2026), communiqués de presse de Castelion (avril et août 2026), Naval Technology, Axios.




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