Quatre chasseurs ne font pas une armée de l'air. Quatre chasseurs, trois ravitailleurs, deux avions de transport et trois cents personnes capables de poser tout cela sur une piste étrangère et de le faire revoler dès le lendemain matin — voilà une armée de l'air, condensée.
Le 8 septembre, l'armée de l'air et de l'espace française fait sortir exactement ce dispositif pour une boucle de 40 jours et 40 000 kilomètres qui commence au Groenland et s'achève en Égypte.
La mission s'appelle PEGASE 26 ; c'est la septième d'une série lancée en 2018. C'est aussi la plus ambitieuse : la France n'avait jamais tenté une projection à une telle échelle géographique.
Informations clés
Mission: PEGASE 26, septième édition depuis 2018
Dates : Du 8 septembre au 15 octobre 2026, soit environ 40 jours
Distance: Plus de 40 000 kilomètres
Forcer: Environ 300 militaires, quatre Rafale, trois A330 MRTT Phénix, deux A400M Atlas
Itinéraire: Groenland, Canada, Alaska, Japon, Corée du Sud, Indonésie, Inde, Qatar, Réunion, puis Égypte
Commande: Soutenue à distance par le CAPCODA, sur la base aérienne de Lyon-Mont-Verdun
Objectifs affichés : Aptitude opérationnelle, partenariats stratégiques, liberté de navigation aérienne
L'itinéraire est le message
Lisez l'itinéraire et la stratégie se lit d'elle-même. D'abord le Groenland, le Canada et l'Alaska — l'étape arctique, qui permet à l'armée de l'air et de l'espace de valider une nouvelle route aérienne vers l'Amérique du Nord et de s'entraîner à haute latitude dans des conditions polaires. Puis le Japon, la Corée du Sud, l'Indonésie et l'Inde, les quatre partenaires indo-pacifiques que la France courtise le plus assidûment. Puis le Qatar et La Réunion, avec l'Égypte comme dernière étape.
C'est un arc allant du sommet du monde jusqu'à l'océan Indien, et il touche délibérément chaque région où la France possède soit un territoire, soit des clients pour le Rafale, soit un argument à faire valoir sur qui a le droit de voler où.

Pourquoi les ravitailleurs comptent plus que les chasseurs
Les Rafale récoltent les photos. Les trois Phénix font le vrai travail.
Un A330 MRTT est à la fois un ravitailleur, un avion de transport et un avion de passagers réunis en un seul appareil. Lors d'un déploiement comme celui-ci, il ravitaille les chasseurs en vol, transporte les mécaniciens et leur outillage, et réduit fortement la dépendance envers ce qui se trouve disponible sur place à destination. Ajoutez deux avions de transport A400M Atlas pour le fret volumineux et encombrant, et le dispositif peut arriver quelque part sans aucune infrastructure française et commencer à générer des sorties.
Cette autonomie est tout l'objet de l'exercice. Très peu d'armées de l'air en sont capables. Les États-Unis, évidemment, le peuvent. Le Royaume-Uni et la France le peuvent, à petite échelle. Presque personne d'autre ne peut déplacer des avions de chasse à l'autre bout de la planète et les maintenir opérationnels sans aide.
La formule sur la liberté de navigation aérienne n'est pas un simple ajout. C'est l'équivalent aérien d'une opération de liberté de navigation maritime, et elle vise précisément les zones de l'Indo-Pacifique où les revendications d'espace aérien sont contestées.
Commandée depuis une colline près de Lyon
L'un des détails les plus intéressants est le lieu depuis lequel la mission est dirigée. PEGASE 26 sera soutenue à distance par le CAPCODA, le centre de planification et de conduite des opérations aériennes basé sur la base aérienne de Lyon-Mont-Verdun.
Autrement dit, la force se disperse dans dix pays et sur trois continents tandis que la planification et le commandement restent en France. Démontrer que l'on peut coordonner une force dispersée depuis la métropole, à des milliers de kilomètres, est sans doute une démonstration de capacité plus impressionnante que le vol lui-même.
Images de l'armée de l'air et de l'espace française tournées lors de PEGASE 23, une édition précédente de la même série de déploiements, durant son escale indonésienne.
Que regarder
Les précédentes éditions de PEGASE ont produit des moments véritablement notables : des premiers exercices conjoints avec des armées de l'air partenaires, des Rafale se posant sur des bases qui n'en avaient jamais vu, et un flux constant de discussions à l'export qui suivent l'appareil partout où il va.
L'étape arctique initiale est l'élément nouveau cette fois-ci. Le Groenland, le Canada et l'Alaska au début de l'automne constituent un test sérieux des opérations par temps froid pour une armée de l'air qui passe la plus grande partie de son temps expéditionnaire dans des régions bien plus chaudes, et la validation d'une route aérienne septentrionale vers l'Amérique du Nord a une valeur évidente en soi.
Quarante jours, dix pays, neuf appareils. Si tout se passe bien, la France pourra montrer la carte du doigt et dire : nous avons fait cela avec neuf avions.
Foire aux questions
Qu'est-ce que la mission PEGASE 26 ?
Quel est l'itinéraire de PEGASE 26 ?
Quels appareils participent à PEGASE 26 ?
Pourquoi la France envoie-t-elle des chasseurs dans l'Indo-Pacifique ?
Qui commande PEGASE 26 ?
Combien de temps dure PEGASE 26 et sur quelle distance ?
Sources : ministère français des Armées et Armée de l'air et de l'espace ; Aviation News ; Opex360 ; Raids Aviation.




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