L'espion le plus précieux à proximité d'un exercice naval n'est peut-être ni un sous-marin ni un satellite. Il peut s'agir du porte-conteneurs qui file silencieusement à l'horizon, chargé de conteneurs et hérissé d'antennes, semblable à n'importe quel autre navire marchand.
C’est l’allégation au cœur d’un article de Reuters publié le 1er septembre : COSCO, le géant chinois du transport maritime, entreprise publique et l’un des plus grands transporteurs au monde, aurait passé des décennies à collecter discrètement des renseignements d’origine électromagnétique à partir de sa flotte de cargos, interceptant les communications des navires et des aéronefs le long des côtes d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Asie.
Pour un public spécialisé dans l'aviation, il s'agit d'un détail crucial. Le renseignement électromagnétique ne s'arrête pas à la ligne de flottaison : les mêmes récepteurs passifs qui enregistrent les signaux radar d'un navire de guerre peuvent cataloguer le trafic radio militaire et les liaisons de données aériennes, alimentant ainsi l'ordre de bataille électronique dont dépend toute force aérienne moderne.
Informations clés
- Réclamer: Les navires cargo de COSCO transportent du matériel de renseignement électromagnétique dissimulé
- Source: Reuters, 1er septembre 2026, citant deux responsables de l'administration Trump
- Atteindre: collection le long des côtes nord-américaines, européennes et asiatiques
- Cible prioritaire : " Technologies de communication militaire et développements en matière de cryptage "
- Contexte juridique : La loi chinoise de 2017 sur le renseignement national oblige les entreprises à collaborer avec l'État.
- Étape précédente : Le Pentagone a classé COSCO comme entreprise liée au secteur militaire en janvier 2025.
Caché à la vue de tous
Les responsables, s'exprimant sous couvert d'anonymat, ont décrit un " partenariat de plusieurs décennies en matière de collecte de renseignements " entre COSCO et Pékin. Ils n'ont pas précisé la nature du matériel, mais ont insisté sur le fait qu'il s'agissait d'équipements sophistiqués de " collecte de renseignements électromagnétiques ", et non des radios et radars ordinaires présents sur la plupart des navires. Sur un porte-conteneurs moderne déjà bardé d'antennes, en dissimuler une supplémentaire est extrêmement facile.
Le cadre juridique rend cet arrangement plausible. La loi chinoise sur le renseignement national de 2017 oblige chaque organisation et chaque citoyen à collaborer avec les services de renseignement de l'État lorsqu'ils en font la demande – et à bénéficier d'une protection en contrepartie. Une flotte commerciale qui surpasse celle de n'importe quel concurrent au monde devient, sur le papier, un réseau de renseignement permanent dont le fonctionnement ne coûte quasiment rien à Pékin.
Vidéo de Reuters : La pression exercée par la Chine dans la " zone grise " en mer, le contexte dans lequel s’inscrivent les allégations de COSCO.
L'idée n'est pas nouvelle. Un rapport publié en avril 2025 par l'Institut d'études maritimes chinoises du Collège de guerre navale américain a montré comment Pékin infiltre déjà des spécialistes du renseignement — du " personnel d'information " — au sein de ses flottes de pêche et de transport maritime, en apparence civiles.

Dénis et précédents
Pékin a catégoriquement rejeté ces allégations. L'ambassade de Chine à Washington les a qualifiées de sans fondement, son porte-parole, Liu Chang, déclarant à Reuters que le gouvernement ne demanderait jamais à une entreprise d'enfreindre les lois locales pour recueillir des renseignements à l'étranger.
Les sceptiques soulignent que cette tactique est loin d'être propre à la Chine. Les marines de guerre froide équipaient leurs chalutiers de récepteurs ; la flotte de pétroliers clandestins russe, qui contourne les sanctions, aurait également servi de réseau de capteurs ; et les puissances occidentales, y compris les États-Unis, utilisent depuis longtemps des navires et des aéronefs en apparence civils à ces mêmes fins. Ce qui inquiète les responsables américains, c'est l'ampleur du phénomène. Avec des navires marchands chinois présents dans presque tous les grands ports, les possibilités d'écoute sont quasi illimitées – et presque impossibles à contrôler.
Aucune preuve tangible n'a été rendue publique, et ces affirmations restent des estimations officielles plutôt que des preuves. Cependant, le raisonnement est difficilement contestable : si les navires naviguent déjà à proximité des exercices, des bases et des couloirs aériens, le coût de l'activation d'un récepteur est quasi nul.
Sources : Reuters (1er septembre 2026) ; TWZ (Joseph Trevithick) ; US Naval War College China Maritime Studies Institute (avril 2025).




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