Il y a un mois, Donald Trump se tenait aux côtés de Recep Tayyip Erdoğan à Ankara et, de fait, offrait à la Turquie les clés du F-35. Les sanctions ? Levées, laissait-il entendre. L'avion furtif dont Ankara avait été exclue ? De nouveau sur la table. Un événement qui alimente les gros titres.
Puis la réalité a repris ses droits. À la mi-août 2026, l'accord n'avait pas bougé d'un iota. Les missiles russes étaient toujours en Turquie, les sanctions toujours en vigueur et le Congrès restait inflexible. L'appât du gain, en fin de compte, n'était qu'un leurre.
Informations clés
- Arrière-plan: La Turquie a été exclue du programme F-35 en 2019 après avoir acquis le système de défense aérienne russe S-400.
- Avions gelés : Six F-35 déjà payés par Ankara sont immobilisés aux États-Unis depuis lors ; les sanctions CAATSA ont suivi en décembre 2020.
- Le dégel : Le 7 juillet 2026, lors du sommet de l'OTAN à Ankara, Trump a déclaré qu'il lèverait les sanctions CAATSA et envisagerait de vendre des F-35 à la Turquie.
- Le bloqueur : La loi NDAA pour l'exercice 2020 interdit tout transfert de systèmes S-400 tant que la Turquie en possède encore et que l'administration l'a certifié auprès du Congrès.
- Département d'État : 22 juillet 2026 : le Département d’État a indiqué au Congrès que la Turquie n’avait pas encore rempli ces conditions.
- Retomber: Jusqu'à environ 44 Eurofighter Typhoon (dont 20 nouveaux du Royaume-Uni, pour un coût d'environ 10,7 milliards de dollars américains) plus le KAAN de cinquième génération de conception nationale
Comment la Turquie s'est retrouvée exclue au départ
Retour en 2019. La Turquie n'était pas seulement cliente du F-35, mais partenaire à part entière, fournissant des composants à l'appareil et devant recevoir sa propre flotte. Puis Ankara a pris livraison du système de missiles sol-air russe S-400, et Washington a paniqué. La crainte était simple : déployer un radar russe conçu pour traquer les avions furtifs à proximité du chasseur le plus furtif d'Occident, c'était quasiment livrer à Moscou les secrets du F-35.
Les États-Unis ont donc exclu la Turquie du programme. Six F-35, déjà payés par Ankara, ont été mis en réserve sur le sol américain, où ils se trouvent toujours. En décembre 2020, les sanctions CAATSA sont venues s'ajouter à la charge. Nous avons traité en détail du dégel de juillet dans [référence manquante]. Trump brandit le F-35 à Ankara; voici ce qui s'est passé après le départ des caméras.
Pourquoi est-ce bloqué ?
Voilà le problème auquel Trump se heurte sans cesse : la décision ne lui appartient pas vraiment. La loi d'autorisation de la défense pour l'exercice 2020 interdit formellement le transfert de F-35 à la Turquie tant qu'Ankara possède le système S-400 et que l'administration le certifie au Congrès. Il ne s'agit pas d'une simple désactivation temporaire, ni d'une promesse de bonne volonté. Il s'agit d'une suppression pure et simple.

Le 22 juillet, le Département d'État a notifié par écrit aux parlementaires que la Turquie n'avait pas encore rempli les conditions requises. Autrement dit, les diplomates de Trump ont discrètement fait savoir au Congrès que l'accord conclu par son président n'était pas encore légal. Et le Congrès n'est pas disposé à faire preuve de souplesse.
Il s'agit du président républicain de la commission des affaires étrangères du Sénat, un homme qui exerce une influence considérable sur cette vente depuis longtemps. Il n'est pas le seul.
Les options pour se débarrasser des S-400 sont toutes problématiques. La Turquie pourrait les vendre aux Émirats arabes unis ; des négociations auraient été entamées en juillet, mais n'ont pas progressé. Elle pourrait désactiver le système, une solution que de nombreux membres du Congrès américain considèrent comme une manœuvre dilatoire plutôt qu'un véritable désinvestissement. Ou encore, elle pourrait le détruire purement et simplement. Et il y a un élément que même Ankara ne peut contrôler : la Russie doit approuver toute revente des S-400, ce qui donne à Moscou un droit de veto sur un accord visant à rapprocher la Turquie de l'Occident.
De son côté, Israël exerce un lobbying intense pour maintenir les restrictions en vigueur, arguant que l'armement de la Turquie en avions furtifs de cinquième génération bouleverserait l'équilibre régional. À Washington, où les votes sont déjà serrés, cette pression compte.
Le plan B de la Turquie : un typhon maintenant, KAAN plus tard
Ankara ne reste pas les bras croisés à attendre une autorisation. Sa flotte de première ligne repose encore sur des F-16 vieillissants, et la Turquie s'emploie activement à élaborer un plan B qui ne passe pas par le Congrès américain.

Step one is the Eurofighter Typhoon. Turkey signed the deal with the UK in Ankara on 27 October 2025 to acquire 20 new Tranche 4 jets in a package worth up to £8 billion (about US$10.7 billion), with first deliveries of the new-build jets expected in 2030. Add second-hand Typhoons being negotiated from Qatar and Oman, and Turkey is eyeing a fleet of roughly 44, a serious European stopgap with no Washington strings attached.
La deuxième étape est entièrement nationale : le KAAN, chasseur de cinquième génération conçu et fabriqué en Turquie. Le premier prototype a volé en février 2024, l’armée de l’air a passé commande pour un premier lot, et un deuxième prototype effectue des essais de roulage en vue de son premier vol avant la fin de 2026. Il ne sera pas disponible du jour au lendemain, mais il représente la réponse à long terme à tous ceux à qui l’on a trop souvent dit non.
Où en sommes-nous actuellement ?
En août 2026, rien n'a changé sur les points essentiels. Les S-400 sont toujours entre les mains de la Turquie. La certification exigée par le Congrès n'a pas été délivrée, car elle est impossible à obtenir. L'accord avec les Émirats arabes unis n'a pas été finalisé. Et les six F-35 portant le nom de la Turquie prennent toujours la poussière aux États-Unis.
Trump peut agiter la menace autant qu'il veut. Tant que les missiles russes ne quitteront pas physiquement le pays, le F-35 restera immobilisé au sol par une loi que le président ne peut bafouer et un Sénat qui n'a aucune intention de l'aider à le faire partir.
Update, 8 October 2026: Rubio Says the Law Still Blocks It
Secretary of State Marco Rubio restated the US position during a visit to Athens on 7 October. In an interview with the Greek newspaper Kathimerini, published the next day, he said: “Legally we can’t make that transfer until that is resolved… As of right now, it hasn’t been resolved.” The issue, he said, “revolves around the S-400 system”. The legal barrier is Section 1245 of the FY2020 National Defense Authorization Act, which bars the transfer while Turkey holds the Russian system. It follows Trump’s remark at the NATO summit in Ankara on 7 July that an F-35 return was “something certainly we’d consider”, and a State Department notice to Congress on 22 July that Turkey had not met the conditions.
The same week, photos circulated in Turkish media showing F-35As built for Turkey in US storage. Who took them and where has not been confirmed; some outlets placed them at Edwards Air Force Base. Six jets, AT-01 to AT-06 with Turkish serials 18-0001 to 18-0006, were completed before Turkey’s removal and have been listed as stored since late 2019. The first two were handed over at Lockheed Martin’s Fort Worth plant in June 2018 for training at Luke Air Force Base. Eight further Turkish-configured jets from production Lot 14 were bought by the US Air Force in July 2020 and now fly with American units.
Foire aux questions
Why was Turkey removed from the F-35 programme?
How many F-35s were built for Turkey?
Where are Turkey’s F-35s now?
Can Trump give Turkey the F-35?
What is Turkey buying instead of the F-35?
Sources : Semafor, Al-Monitor, The Times of Israel, Militarnyi, Daily Sabah, Atlantic Council.




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