SAS Copenhague–Mumbai : une deuxième tentative après le demi-tour de juin

by | 26 août 2026 | Monde de l'aviation, Nouvelles | 0 comments

Le 2 juin dernier, le vol SK969 de SAS a décollé de Copenhague à destination de Mumbai, mettant fin à une absence de dix-sept ans en Inde. Quatre heures plus tard, au-dessus de l'Azerbaïdjan, il a fait demi-tour et est rentré à son point de départ.

L'avion avait décollé sans l'autorisation finale de l'autorité indienne de l'aviation civile, dans l'espoir que les documents administratifs arriveraient en vol. Ce ne fut pas le cas. Les passagers passèrent environ douze heures en avion et débarquèrent dans la ville de départ.

SAS tentera à nouveau sa chance le 1er octobre. Cette fois-ci, la compagnie aérienne affirme que tout est prêt.

Informations clés

  • Itinéraire: Copenhague (CPH) – Mumbai (BOM), toute l'année
  • Numéros de vol : SK969 départ, SK970 arrivée
  • Date de lancement : 1er octobre 2026 (premier départ de Mumbai le 3 octobre)
  • Fréquence: Cinq fois par semaine
  • Aéronef: Airbus A330-300, 266 sièges
  • Sortie : CPH 16:10 – BOM 04:30 (+1), mar./jeu./ven./sam./dim.
  • Entrant : BOM 06:30 – CPH 12:15, lun./mer./ven./sam./dim.
  • Dernier vol SAS vers l'Inde : Delhi, fin 2009

Un retour en Inde, pas un itinéraire rétabli

Le chiffre de dix-sept ans est exact, mais il convient de le préciser. SAS a desservi Delhi jusqu'en 2009, date à laquelle la crise financière a contraint la compagnie à se recentrer sur son cœur de métier européen, et Calcutta jusqu'en 1985. Elle n'a jamais desservi Mumbai. Il s'agit d'une nouvelle liaison, et non d'une liaison rétablie.

“ Nous sommes absolument ravis d'accueillir les passagers à bord de notre nouveau service sans escale vers Mumbai. Cette liaison stratégique représente une étape extraordinaire pour SAS, ouvrant des portes directes entre la Scandinavie et l'un des centres économiques les plus dynamiques du monde. ”
Paul Verhagen — Directeur commercial de SAS, dans le communiqué de la compagnie aérienne du 17 août 2026
Vue aérienne du terminal 2 de l'aéroport de Mumbai
Terminal 2 de l'aéroport international Chhatrapati Shivaji Maharaj. Photo : Anmoljaiswalgeoid OFFICIAL / CC BY-SA 4.0

Pourquoi Mumbai et pas Delhi

Au vu de la demande locale brute, Mumbai constitue un choix surprenant. La liaison Copenhague-Mumbai a transporté environ 19 700 passagers aller-retour au cours de l'année se terminant en avril 2025, soit moins que Bengaluru (qui n'est pas desservie) et bien moins de la moitié des 46 000 passagers de Delhi. Par ailleurs, Delhi est déjà desservie sans escale depuis Copenhague par Air India, à raison de trois vols par semaine.

La réponse se trouve sur la carte. L'espace aérien russe est fermé aux compagnies aériennes européennes depuis 2022, ce qui a fortement pénalisé SAS : ses vols vers l'Asie (hors Moyen-Orient) ont chuté de 71 % entre 2019 et 2025, passant de 1 285 à 378. Presque toutes les villes asiatiques desservies par SAS sont désormais accessibles uniquement par un détour coûteux.

Mumbai, en revanche, n'est pas concernée. Un itinéraire au sud du Caucase, traversant le Golfe, permet d'atteindre l'ouest de l'Inde avec un surcoût minime, ce qui en fait l'un des rares marchés asiatiques long-courriers où une compagnie scandinave peut encore rentabiliser ses vols. Le vol annulé en juin survolait la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la mer Noire, la Géorgie et l'Azerbaïdjan, sans survoler l'espace aérien russe.

La compagnie aérienne qui vient d'abandonner cette ligne

Voici un point souvent négligé : SAS n’innove pas. IndiGo a inauguré la liaison Mumbai-Copenhague le 8 octobre 2025 avec un Boeing 787-9 loué, avant de la suspendre le 17 février 2026 jusqu’à nouvel ordre, invoquant l’évolution constante des restrictions d’espace aérien et la congestion aéroportuaire qui allongeaient les temps de vol au-delà des capacités de son planning.

Ainsi, SAS arrive sur une liaison directe et sans concurrence, sept mois après qu'un opérateur bien plus important ait conclu à son inviabilité. Cette asymétrie est révélatrice : les fermetures d'espace aérien pénalisent bien plus durement les compagnies indiennes volant vers l'ouest que les compagnies européennes volant vers l'est, ce qui explique précisément le départ d'une compagnie et l'arrivée d'une autre.

“ L’Inde est un marché mondial clé, tant en termes de demande croissante que d’importance économique. Grâce à cette nouvelle liaison, SAS contribue à renforcer le rôle de Copenhague comme plaque tournante mondiale, tout en favorisant une connectivité accrue entre l’Inde et l’Europe du Nord, ainsi qu’entre l’Inde et l’Amérique du Nord. ”
Anko van der Werff — Le président-directeur général de SAS, lors de l'annonce de cette liaison en juin 2025

Il s'agit d'un itinéraire de liaison portant un badge point à point

Le dernier point soulevé par Van der Werff est l'argument commercial. Cinq rotations hebdomadaires en gros-porteurs représentent un rythme soutenu pour 19 700 passagers locaux, et SAS ne le cache pas : l'annonce met l'accent sur les correspondances vers New York, Boston et Toronto, et l'escale à Mumbai est délibérément de quatre heures et demie afin d'alimenter le réseau transatlantique.

Le marché plus large Danemark-Inde représentait environ 155 500 passagers aller-retour en 2024, soit une croissance de 23 % par rapport à l’année précédente. Cependant, seuls 33 000 passagers environ effectuaient des vols directs. Les autres transitaient par Dubaï, Doha ou Francfort. C’est ce segment de clientèle en correspondance, et non le marché local, que SAS vise.

Le contexte des alliances est un atout. SAS a quitté Star Alliance le 31 août 2024 pour rejoindre SkyTeam le lendemain. Air France-KLM détient 19,9 % des parts et s'est engagée à les porter à 60,5 %, un accord toujours en attente d'approbation réglementaire ce mois-ci, l'État danois conservant 26,4 %. IndiGo, quant à elle, a des partenariats avec Delta, Air France-KLM et Virgin Atlantic ; ainsi, le segment indien du marché est disputé par des compagnies aériennes qui sont, par ailleurs, partenaires.

Le 1er octobre, l'avion repart. La différence cette fois-ci, selon la compagnie aérienne, c'est que les formalités administratives ont été réglées au préalable.

Un aperçu de la cabine du SAS A330-300 — le type d'appareil affecté à la liaison Mumbai.

Sources : Salle de presse du groupe SAS, Simple Flying, AeroTime, Live From A Lounge, TTR Weekly, Air France-KLM, données Cirium via Simple Flying

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