Pendant quatre mois, l'une des plus importantes forces aériennes d'Europe a mené une campagne de défense aérienne discrète au-dessus de la péninsule arabique, et ce, presque inaperçue. Depuis la seconde moitié de mars 2026, l'Italie a déployé des Eurofighter Typhoon, des avions de détection et de contrôle aériens, ainsi qu'un réseau de radars et de batteries de missiles au-dessus de l'Arabie saoudite, du Koweït et de Bahreïn, contribuant ainsi à protéger les monarchies du Golfe des drones et des missiles balistiques iraniens.
La mission s'appelle Task Force Air – Arabia. Elle n'a jamais été officiellement secrète — le ministère italien de la Défense dispose même d'une page la décrivant — mais elle est restée discrète jusqu'à ce que le journaliste italien Fausto Biloslavo en révèle toute l'étendue. Il Giornale Fin juillet, des outils de suivi open source ont reconstitué des mois de mouvements d'avions italiens au-dessus de la mer Rouge.
Informations clés
- Opération: Groupe de travail aérien – Arabie (Forces armées italiennes)
- Déployé depuis : seconde moitié de mars 2026
- Personnel de l'Armée de l'Air : environ 400 (au moins 700 en comptant le contingent de l'armée)
- Combattants : quatre Eurofighter F-2000A Typhoon (Task Group Typhoon)
- Ressources de soutien : E-550A CAEW, C-130J/KC-130J, radar AN/TPS-77, contre-drone ACUS-E
- Base avant : Base aérienne Al Taif / Roi Fahd, ouest de l'Arabie saoudite
- Élément de l'armée : Groupe de travail terrestre – Arabie — Batterie SAMP/T, radars KRONOS, Skynex
Une force opérationnelle cachée à la vue de tous
La révélation n'est pas due à une fuite, mais à un travail d'observation patient. Le groupe de surveillance open source itamilradar avait recensé les vols de l'armée de l'air italienne à destination et en provenance de l'ouest de l'Arabie saoudite pendant des mois, avant que l'opposition politique romaine n'oblige le gouvernement à rendre ce déploiement public et à prendre position publiquement en sa faveur.
Selon le ministère de la Défense, le contingent compte environ 400 membres de l'armée de l'air italienne répartis dans les trois pays hôtes, sous le commandement d'un colonel de l'armée de l'air. D'après les informations de Biloslavo, le nombre total de soldats italiens déployés (aérien et terrestre) dépasse les 700.
Cinq groupes de travail, une mission
La Task Force Air – Arabia est composée de cinq groupes opérationnels spécialisés, chacun remplissant une mission distincte dans la défense à plusieurs niveaux de l'espace aérien du Golfe. Le groupe opérationnel Argo effectue les vols suivants : E-550A Le CAEW, avion de guet aérien et de commandement basé sur Gulfstream, permet de reconstituer l'ensemble des informations aériennes. Le groupe opérationnel Typhoon en déploie quatre. Eurofighter F-2000A Typhoons surveiller l'espace aérien assigné.
Derrière les avions de chasse se trouvent les unités de soutien : le Task Group Medal, équipé de C-130J et de KC-130J pour le transport aérien tactique et l'évacuation médicale ; le Task Group Kuwait, qui exploite un radar de défense aérienne AN/TPS-77 et soutient l'armée de l'air koweïtienne ; et le Task Group C-UAS, armé du système ACUS-E conçu pour abattre les petits drones d'attaque unidirectionnels qui sont devenus l'arme emblématique de ce conflit.

L'armée italienne déploie un second contingent, baptisé Task Force Land – Arabia, d'environ 300 soldats, dont la moitié est stationnée en Arabie saoudite. Selon Biloslavo, ce contingent comprend une batterie SAMP/T pour la défense antiaérienne et balistique, un radar KRONOS en Arabie saoudite et un autre à Bahreïn, ainsi qu'un système d'artillerie Skynex positionné aux Émirats arabes unis.
Pourquoi Al Taif
Les avions italiens opèrent depuis Al Taif, officiellement la base aérienne du roi Fahd, située dans les montagnes de l'ouest de l'Arabie saoudite, près de la mer Rouge. Ce choix d'emplacement est délibéré. La base se trouve hors de portée de la plupart des drones d'attaque iraniens lancés depuis l'est, tout en restant suffisamment proche pour permettre aux Typhoons de pénétrer rapidement dans l'espace aérien menacé. Elle abrite également des Eurofighters de la Force aérienne royale saoudienne, un choix naturel pour un détachement italien de F-2000 qui partage déjà le même type d'appareil, les mêmes pièces détachées et les mêmes tactiques.
Un prix déjà payé
Le déploiement n'a pas été sans effusion de sang. Lorsque l'Iran a frappé la base aérienne Ali Al Salem au Koweït le 15 mars 2026, quatre F-2000 italiens étaient sur le tarmac. L'attaque a détruit un drone MQ-9A Reaper de l'armée de l'air italienne et endommagé un Typhoon. Trois des chasseurs ont été rapatriés en Italie dans les jours qui ont suivi ; le sort du quatrième n'a jamais été rendu public.
Cette nuit-là, Rome a déployé ses avions vers l'ouest, jusqu'à Taïf, et renforcé son bouclier antimissile. La guerre du Golfe menée par l'Italie s'est déroulée dans le calme, mais pour les équipages assurant la surveillance du désert, elle a été bien réelle.
Sources : Ministère italien de la Défense ; Fausto Biloslavo / Il Giornale ; itamilradar ; Reuters ; The Aviationist ; Militarnyi.




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