La première grosse commande de Farnborough 2026 est arrivée avant même que la plupart des stands n'aient fini leur installation. Riyadh Air, la compagnie aérienne saoudienne qui a transporté son premier passager payant il y a à peine trois semaines, a passé la matinée de lundi à s'engager pour 34 gros-porteurs supplémentaires, auprès de Boeing et d'Airbus.
Le chiffre principal est de 28 Dreamliners. Le détail le plus intéressant concerne leur type. Vingt de ces 28 appareils ont été convertis du 787-9 au 787-10 allongé, soit environ cinquante sièges supplémentaires par avion, pour une compagnie aérienne qui effectue des vols commerciaux depuis moins d'un mois.
Cela témoigne soit d'une confiance immense, soit d'une pression énorme. Riyadh Air s'est engagée à desservir plus de 100 destinations d'ici 2030.
Informations clés
| Annoncé | 20 juillet 2026, jour d'ouverture du Salon international de l'aéronautique de Farnborough |
| Boeing | La commande de 28 787 Dreamliners a été consolidée grâce à l'exercice d'options liées à la commande de 2023 de la compagnie aérienne, dont un achat de 11 appareils non divulgué auparavant. |
| L'interrupteur | 20 de ces 28 appareils ont été convertis du 787-9 au 787-10, plus grand. |
| Airbus | Six A350-1000 supplémentaires ont été commandés, portant l'engagement de Riyadh Air à 31 appareils de ce type. |
| En service actuellement | Six 787-9 ont été livrés, desservant six villes. |
| Propriétaire | Le Fonds d'investissement public d'Arabie saoudite. La compagnie aérienne a été lancée en mars 2023. |
| Cible | Plus de 100 destinations d'ici 2030, dans le cadre du programme Vision 2030 du Royaume. |
Qu'est-ce qui a réellement changé ?
Il est important d'être précis, car les chiffres ronds qui circulent lors du salon sont trompeurs. Riyadh Air n'est pas arrivée à Farnborough en commandant 28 avions flambant neufs. La compagnie a exercé des options qu'elle détenait déjà dans le cadre de son contrat initial pour le Dreamliner 2023 et en a converti la plupart en version plus grande.
Boeing indique qu'une fois les 17 appareils restants de cet accord finalisés, la flotte de 787 de Riyadh Air atteindra 67 appareils. Il s'agit d'une déclaration conditionnelle concernant l'avenir, et non d'un nombre que la compagnie aérienne possède actuellement.
Le 787-10 est le modèle le plus spacieux de la famille : il offre environ cinquante sièges de plus que le 787-9, et Boeing annonce une réduction de 25 % de la consommation de carburant et des émissions par rapport à l’appareil qu’il remplace habituellement. En contrepartie, son autonomie est réduite. Le -10 ne peut pas voler aussi loin que le -9, ce qui le destine plutôt aux lignes denses et bien établies à forte demande qu’à l’ouverture de nouvelles lignes peu fréquentées en périphérie des zones géographiques.
Les deux fabricants, le même matin
La partie de la journée consacrée aux Airbus était plus modeste, mais stratégiquement bien organisée. Six A350-1000 supplémentaires ont été commandés, portant l'engagement de Riyadh Air à 31 appareils sur les 50 prévus dans le cadre d'un accord s'étendant jusqu'en 2025. La compagnie sera le premier opérateur saoudien de ce type d'appareil.
Répartir une flotte gros-porteurs entre le 787 et l'A350 n'est pas la solution la plus économique pour une compagnie aérienne : deux qualifications de type, deux chaînes d'approvisionnement en pièces détachées, deux écosystèmes de maintenance. C'est toutefois un moyen efficace de maintenir la concurrence entre les deux constructeurs, et une jeune entreprise bénéficiant d'un financement souverain peut absorber ces frais généraux, contrairement à la plupart des transporteurs.
Pour Airbus, la famille A350 totalisait 1 595 commandes fermes auprès de 68 clients à fin juin. Quant à Boeing, une commande de Dreamliner émanant d'une compagnie aérienne en phase de lancement, soutenue par des fonds publics, représente exactement le type de nouvelle que l'entreprise attendait depuis plusieurs années.
L'écart entre le plan et les avions
Six villes aujourd'hui. Plus d'une centaine d'ici 2030. C'est ce chiffre qu'il faut surveiller, et les avions ne sont que la partie facile : les créneaux horaires, les équipages, les capacités de maintenance et les droits de trafic sont tous plus difficiles à obtenir lors d'un meeting aérien.
L'orientation est néanmoins sans équivoque. Une compagnie aérienne qui opère commercialement depuis quelques semaines vient d'annoncer aux deux constructeurs aéronautiques mondiaux qu'elle aura besoin d'avions considérablement plus gros que ceux initialement demandés.
Récapitulatif de la commande passée par Riyadh Air dès le premier jour du salon de Farnborough.
Sources : Boeing, Airbus, Simple Flying, AeroTime, FlightGlobal.




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